La Cité (éphémère) de la danse

Projet initié dans le cadre de Dancing Museums, il se poursuit aujourd’hui dans nos lieux partenaires, en commençant par la Maison de la Culture d’Amiens !

Sur une après-midi, nous invitons plusieurs équipes artistiques à investir l’espace du théâtre et proposer des installations et performances tournées autour du soin – soin du corps, de l’autre, de soi. Notre souhait : partager avec le public les précieuses et nombreuses ressources de la danse qui peuvent contribuer au vivre ensemble.

• note d’intention • Tatiana Julien
« La Maison de la Culture c’est vous !» disait Malraux lors de son inauguration. Que reste-t-il aujourd’hui de ces rêves-là ? De ces désirs ambitieux mais aussi chimériques de croire en l’art pour tous ? Entre la vision d’un accès à la culture suscité par le choc et celle d’une politique socio-culturelle inclusive et didactique, n’y a t- il pas une alternative à proposer par les artistes-mêmes, dans l’invention d’objets performatifs et collaboratifs pensés pour l’expérience du public ?
Ramener alors ces enjeux sociaux à l’état de la discipline chorégraphique et vice-versa. Imaginer un temps fort où artistes, danseurs·ses, chorégraphes, amateurs·ices et publics se réunissent autour du Care, de l’expérience, du partage et du corps dans la cité. Penser finalement un temps fort engageant le spectateur dans une expérience nouvelle, introspective ou collective, différente de celle d’aller voir un spectacle ou d’aller prendre un atelier ; un temps fort où rien ne pourrait fonctionner sans la présence des spectateur·ices, leur rôle étant alors d’activer des dispositifs, d’éprouver, de se laisser contaminer par un état d’accueil, d’écoute et d’empathie.
Ramener alors ce massage des chairs à l’échelle d’une ville, d’une micro-cité habitée par des corps réceptifs, sensibles et empathiques : voilà l’utopie de La Cité (éphémère) de la danse à La Maison de la Culture d’Amiens où l’entreprise du soin et du partage à l’échelle locale s’inscrit aussi dans le devenir écologique.
Pour se faire, j’ai choisi d’inviter des danseur·ses qui se sont tournés dans leur vie vers le soin notamment par différentes techniques de massages (shiatsu, ayurvédiques, Tui Na…) et je leur ai demandé d’imaginer une performance qui pourrait réunir ces deux enjeux : le soin des autres et de soi, et la danse. J’ai invité plusieurs artistes de la région, associés ou simplement présents régulièrement en région Hauts-de- France, qui œuvrent chacun à leur endroit à l’activation du territoire et à la démocratisation de nos pratiques mais ne se rencontrent jamais.
Dans La Cité (éphémère) de la danse, ils viennent répondre depuis leurs pratiques, leurs esthétiques, à la question du corps dans la Cité, à l’utopie d’un monde où le corps est primordial, même dans l’espace public. La plupart d’entre eux proposeront des performances à voir mais surtout à éprouver. Il y aura des expériences intimes, en tête à tête, d’autres très collectives. Beaucoup d’entre elles convoqueront l’usage de l’ouïe, ou la perte de la vue. Il y aura aussi de la mise en effort, de la prise de parole, l’usage de la parole, de la voix. BIENVENUE !

Avec les propositions de : Malena Beer, Mylène Benoit, Gaëlle Bourges, Mathieu Burner, Boris Charmatz, Massimo Fusco, Anna Gaïotti, Célia Gondol, Sylvain Groud, Tatiana Julien, Camille Louis, Marie Pons, Thibaut Ras, Axel Rigaud, Lise Vermot.

 


 

······ NAISSANCE DU PROJET ······

Une installation chorégraphique et performance créée au MAC VAL par Tatiana Julien, en collaboration avec les chorégraphes Fabio Novembrini, Dante Murillo et Lucy Suggate, ainsi qu’avec 10 amateurs / performeurs, dans le cadre de Dancing Museums.

 

La Cité (éphémère) de la danse est un projet qui a été créé au musée du Mac Val du 28 au 31 mars 2017, dans le cadre de deux années de recherche dans Dancing Museums, projet européen mené par la Briqueterie, et où ont été recherchées différentes méthodes d’interaction avec les publics dans les musées. La Cité (éphémère) de la danse est un projet d’installation chorégraphique qui s’articule autour de trois questions allouées normalement aux missions d’un musée : archiver, partager, protéger.

Toutes ces questions que nous proposons ici sont mises en œuvres sous la forme d’une installation presque muséale de la danse, et nomade, dont le principe est de s’emparer d’un lieu pour s’y installer une semaine et donner la possibilité aux visiteurs, au public, d’explorer tout ce qui fait que la danse existe en dehors du moment du spectacle. Les coulisses de la danse.

Ce projet se situe entre l’œuvre artistique et la médiation culturelle. Il s’interroge sur les manières d’inclure le public au maximum dans la danse, de l’impliquer dans un processus ludique et de découverte face à l’acte de création chorégraphique – la plupart du temps pleine d’opacité et de mystère -, de pratiquer la performance par lui-même et de l’impliquer, au fond, dans un questionnement sur la nécessité de la danse dans le monde.

« LA CITÉ (ÉPHÉMÈRE) DE LA DANSE est un espace d’incubation de la création chorégraphique, un laboratoire partagé, une installation participative inédite des backstages de la danse. On y donne à voir et à explorer, à expérimenter tout ce qui fait que la danse existe en dehors de l’endroit du spectacle. Pendant 1 semaine, 1 chorégraphe, 1 vidéaste, 1 écrivaine/journaliste, et 10 amateurs répondent à l’utopie d’une écologie de la danse, tous les après-midis. Ils partagent le plus largement possible leur monde, livrent leur démarche, confessent, dialoguent, performent, partagent, interagissent, recherchent pour et avec un public placé au cœur du dispositif. Ainsi s’ouvrirait un pôle éphémère de ressources dans une cité sans mur : Vivre une expérience dans tout l’espace d’un théâtre, au dehors et sur l’espace virtuel. En prendre possession et le rendre massif, sur #citedeladanse ! »

Tatiana Julien