Douve (trio)

trio de danseuses & musique pour orchestre de chambre et électronique

 

 

Avec le trio pour danseuses Douve, la chorégraphe Tatiana Julien, le compositeur Pedro Garcia-Velasquez et l’écrivain Alexandre Salcède s’aventurent dans le domaine de la poésie afin de proposer une lecture sensible du recueil Du mouvement et de l’immobilité de Douve d’Yves Bonnefoy.

Le projet Douve naît du désir de libérer la danse de son langage en empruntant les voies de l’écriture, elle-même en chemin pour se libérer des carcans de la pensée conceptuelle. Plutôt qu’une transposition mimétique sur l’espace de la scène, les interprètes proposent au spectateur paysages et instants poétiques empreints des textures, des couleurs, de la musicalité et de l’univers de l’œuvre.

Les pierres se sont effondrées sur la chaleur de l’âtre, les cendres tôt dispersées par le vent des années. Au souvenir de sa flamme, le cœur triste chancelle et s’alarme, errant sur une terre désertée de tout centre. Une aurore semble poindre là-haut, derrière les sapins noirs. Mais non – c’est encore la nuit, encore le temps de la veille.

Derrière tout ce noir, quelque chose scintille, comme un fil de laine rouge caché dans la neige. Méditant sur la mort, sur la décomposition des corps, sans l’antique espoir de la résurrection glorieuse, quelque chose empêche pourtant le monde de dégringoler tout à fait dans le néant. Cette marche sûre au-dessus des ravins de la mort, cette vie de l’esprit qui ne s’effraie pas de la pensée de la disparition mais puise sa source en elle, ce n’est rien d’autre que la peur, que l’angoisse, que la vision de l’horizon fermé de l’existence, mais traversées de part en part par le rythme.

C’est ce fil invisible qui retient les danseuses dans leurs courses vertigineuses, ce fil qui les habille de l’étoffe chaude de la terre où leur quête trouvera son terme. Un sillon est creusé sous leurs pas incertains, dans la neige craquante comme le pain qui fut rompu, où s’établit le lit d’un fleuve possible.

Le seul espoir pour redresser l’être qui se perd – le froissement d’une robe plissée pour le passage à gué, une note lancée de plus loin que la mort. La seule joie sous tant de débris, sous tant de ruines – avoir les yeux emplis de fleurs.

Alexandre Salcède

> DIFFUSION <

création
• 8 et 9 février 2013 – Festival Faits d’hiver, Atelier de Paris – Carolyn Carlson / CDC
tournées
• 27 mars 2013 – Festival Les Incandescences – Les Journées Danse-Dense, Théâtre Berthelot, Montreuil
16, 17 & 18 octobre 2013  – CND, Pantin
• 19 octobre 2013 – Festival C Comme Ça, L’échangeur CDC Picardie
• 19 & 20 novembre 2013 –  Le Safran, scène conventionnée d’Amiens – en coréalisation avec L’échangeur CDC Picardie
• 29 janvier 2014  – Festival Art Danse Dijon-Bourgogne
• 5 avril 2014  –  TPE, Bezons
• 22 novembre 2014  concours reconnaissance, La Rampe, Echirolles (version 20 min)

> PRESSE <

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