Tatiana Julien grandit dans les années 90 en Picardie, dans un village jouxtant la forêt de Hez. À quinze ans, elle choisit la danse contemporaine comme moyen d’expression, après un apprentissage du modern jazz dans les salles des fêtes et les clubs de l’Oise. Elle se forme au CNSM de Paris et à l’université Paris VIII.

En 2011, elle fonde sa compagnie INTER scribo — “j’écris entre” — implantée à Amiens. Elle y rassemble des groupes hybrides mêlant amateur·ices et professionnel·les, danseur·euses, comédien·nes, chanteur·euses et musicien·nes, affirmant dès ses débuts un désir de collectif et de porosité entre les mondes.

Depuis 2011, Tatiana Julien a créé une quinzaine de pièces, performances et événements in situ, tout en poursuivant un parcours d’interprète auprès de Thomas Lebrun, Olivia Grandville puis Boris Charmatz. À la croisée des langages, son travail explore des formes spectaculaires hybrides, immersives, pensées pour le plateau comme pour des espaces non dédiés. Ses créations interrogent la place du·de la spectateur·ice-citoyen·ne et l’engagement de l’artiste dans le monde.

Sa démarche s’inscrit dans une recherche féministe et queer : une danse du trouble, de l’altérité, de la contamination, qui déplace les normes et ouvre des espaces de relation. Elle s’intéresse aux systèmes d’interaction, à la circulation des regards, aux conditions sensibles de l’empathie. Le public est souvent invité à partager une expérience collective, où se joue une démocratie des perceptions. La création sonore occupe une place centrale dans ces environnements immersifs, où le corps devient un cri traversé par son contexte, chargé d’une vitalité persistante.

Dans cette continuité, elle se forme actuellement à la pole dance et s’initie au dragking, approfondissant une recherche sur les corporalités marginales, les identités performées et les puissances de transformation.

Parmi ses pièces : Turbulence, installation chorégraphique au casque ; Soulèvement, solo sur la résistance ; A F T E R, création dans une scénographie d’effondrement ; Decay, pièce en ralentissement pour les 25 danseurs du CCN–Ballet de Lorraine ; ou encore Une Nuit entière (2022), duo rituel et féministe coécrit avec Anna Gaïotti, ouvrant une recherche sur la norme, la relation et l’altérité, poursuivie avec En fanfaaare!

Dans le cadre du projet européen Dancing Museums (2016–2022), elle crée La Cité (éphémère) de la danse (2022), un festival de pratiques spectaculaires, géantes et participatives, où elle invite différents chorégraphes à performer l’utopie d’une cité de la danse en lien avec les habitant·es.

Avec Dancing Museums, elle crée également au Musée du Louvre la performance Prière de ne pas détruire (2016), ainsi que Monumenta (2016) dans la Nef du Grand Palais. Elle a performé à la National Gallery à Londres, au musée Boijmans à Rotterdam, à la Gemäldegalerie à Vienne, au Museo Civico, au musée d’Arte Sella en Italie, et à l’INHA à Paris.

Tatiana Julien est associée à la constellation de la Maison de la Culture d’Amiens / Pôle international de production et de diffsuion. Son travail est soutenu par EMERGE (INTERREG VI Hauts-de-France/Wallonie/Vlaanderen) et par SUN-PIPD

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